Les données disponibles montrent une évolution nette : les cartes sans contact dominent les achats de proximité, mais les transactions mobiles progressent rapidement. Pour comprendre ces usages numériques, il faut distinguer les chiffres observés des innovations annoncées et des objectifs encore à atteindre. Cette adoption massive explique pourquoi le débat porte désormais autant sur les nouveaux usages que sur la carte elle-même. Selon l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement, la part des paiements par carte réalisés sans contact est passée de 21 % en 2018 à 68 % en 2024. Ces proportions décrivent la part des paiements par carte en proximité, et non celle de tous les achats réalisés en France. La progression, importante entre 2018 et 2024, indique une banalisation du geste, mais les données ne signifient pas que les espèces ou les paiements avec saisie du code ont disparu. Quand le montant dépasse 50 euros, le Sans Contact Plus permet au client de présenter sa carte puis de saisir son code sur le terminal. Cette méthode, apparue en 2024 selon les informations publiées, évite de revenir à une insertion systématique de la carte. La vérification du code s’effectue en ligne auprès de la banque, puisque le terminal ne lit pas la puce de la carte. Pour le commerçant, le parcours reste familier ; pour le client, l’authentification demeure nécessaire au-delà du plafond habituel. Repères utiles pour interpréter les paiements de proximité : Une pratique devenue ordinaire rend plus visibles les questions de protection et de compatibilité entre appareils. La technologie NFC facilite l’échange à courte distance, mais les modalités d’authentification et les standards déterminent aussi l’expérience concrète. Dans les informations publiées par Mobile Transaction en avril 2026, l’agrément du réseau CB est présenté comme une étape ouvrant la voie au déploiement des cartes biométriques. Une empreinte pourrait permettre d’autoriser un paiement sans saisir le code, notamment lorsque le montant dépasse le plafond sans contact classique. Cette option peut également rendre le geste plus accessible à certaines personnes malvoyantes, qui rencontrent des difficultés avec les interfaces tactiles. Elle ne dispense pas d’évaluer la protection des données biométriques ni les conditions de fonctionnement prévues par l’émetteur de la carte. Le standard CPACE vise à harmoniser les échanges sans contact dans l’écosystème européen, indépendamment des réseaux Visa et Mastercard, selon la présentation rapportée par Mobile Transaction. L’objectif de 80 % de cartes compatibles pour 2026 est un objectif annoncé en 2023, et non une proportion déjà vérifiée. Points de vigilance pour la sécurité des paiements : Après l’évolution des cartes, le téléphone déplace le paiement vers des applications et de nouveaux rôles du NFC. Les usages mobiles progressent, tandis que les bagues connectées et le paiement par téléphone chez le commerçant restent des options inégalement répandues. Un portefeuille numérique comme Apple Pay ou Google Pay permet de régler en approchant un téléphone compatible du terminal. Selon les chiffres rapportés par Mobile Transaction, le mobile représente environ 15 % des paiements par carte en proximité, contre une part proche de zéro en 2018. La même source rapporte une hausse de 61 % des paiements mobiles entre 2023 et 2026, alors que les paiements par carte sans contact stagnent depuis 2023. Les données consolidées de 2025 étaient attendues en septembre 2026 : les chiffres provisoires doivent donc être distingués des résultats définitifs. Le NFC peut aussi transformer un smartphone en terminal de paiement : cette fonction, appelée Tap to Pay ou Tap to Phone, intéresse les indépendants et certaines enseignes. Selon un communiqué de Visa publié en 2025, son usage en France a fortement progressé en 2024, avec une hausse annoncée de 674 %. Wero, qui a succédé à Paylib pour les virements entre particuliers, s’est étendu au commerce physique par QR code selon les éléments fournis. L’utilisation du NFC est présentée comme une étape envisagée, tandis que des bagues compatibles existent déjà, mais nécessitent parfois des intermédiaires pour fonctionner en France. Options à distinguer selon le contexte d’achat : Source : Emmanuel Charpentier, « Entre souveraineté européenne et nouveaux usages », Mobile Transaction, 19 avril 2026 ; Observatoire de la sécurité des moyens de paiement, rapport publié en septembre 2025 ; Visa, communiqué sur le Tap to Phone, 2025.
A retenir :
Paiement sans contact en France : une pratique installée
Carte bancaire sans contact : les chiffres à comprendre
Indicateur
Valeur
Période
Lecture
Paiements par carte sans contact
21 %
2018
Part des paiements par carte en proximité
Paiements par carte sans contact
68 %
2024
Part des paiements par carte en proximité
Paiements par mobile en proximité
Près de 0 %
2018
Usage alors marginal
Paiements par mobile en proximité
Environ 15 %
Données rapportées en 2026
Part attribuée aux mobiles dans les paiements par carte
Plafond de paiement et Sans Contact Plus
NFC et sécurité des paiements : cartes et nouvelles normes
Carte biométrique : une authentification par empreinte
CPACE : un standard européen encore en déploiement
Dispositif
Authentification ou fonctionnement
Situation rapportée
Carte sans contact classique
Présentation de la carte, avec plafond habituel
Usage largement installé
Sans Contact Plus
Présentation puis saisie du code sur le terminal
Apparu en 2024
Carte biométrique
Validation possible par empreinte
Agrément CB rapporté en 2026
Carte compatible CPACE
Communication sans contact selon un standard européen
Objectif de déploiement fixé pour 2026
Paiement mobile, portefeuilles numériques et nouveaux usages
Apple Pay, Google Pay et progression des transactions mobiles
Tap to Pay, Wero et bagues de paiement
Comprendre l'Europe comme un continent pluriel, pas un bloc uniforme
Qu'il s'agisse de patrimoine culturel, de géopolitique, de migrations ou d'inégalités économiques, chaque évolution mérite d'être comprise dans sa complexité plutôt que réduite à un slogan. Saisir les tensions réelles de chaque sujet permet d'en tirer des repères concrets : mémoire, dialogue et solidarité face aux défis à venir.
Pour aller plus loin
- Suivre les sources institutionnelles (Commission européenne, Eurobaromètre, UNESCO) plutôt qu'un seul chiffre isolé
- Comparer les grands défis européens selon leur urgence et leur impact citoyen
- Distinguer les annonces politiques des évolutions culturelles et sociales réellement mesurées
- Anticiper les conséquences des mutations démographiques, migratoires et climatiques à moyen terme